Mon expérience comme participante au projet de THREAD/BARE de AnneBruce Falconer et Randal Newman a été riche et aussi surprenante. Ce n’est pas tous les jours que l’on vous offre carte blanche autour d’une oeuvre concoctée par deux artistes l’un venant du domaine des arts visuels et l’autre de la danse contemporaine et de la performance. J’ai été attirée par l’aspect immédiat et spontané que cette invitation laissait entrevoir face à une proposition de performance. Bien sûr je n’avais aucune espèce d’idées de comment j’habiterais cette galerie dont plusieurs objets étaient disposés autant sur les murs que dans l’espace, mais que j’allais découvrir sans connaître la teneur de ces instants de performance que l’on m’avait attribué à la Galerie Produit Rien.
Tout de suite j’ai été conquise par le lieu, une galerie petite et intime, avec une énergie palpable qui s’en dégageait. Je ne saurais trop dire ce qui s’est passé ces 3 heures où j’ai performé. Je sais seulement que je suis entrée dans différentes matières physiques, vocales, sensorielles, psychiques et que j’en suis ressortie avec un vif sentiment d’avoir vécu une sorte de traversée composée de fulgurances avec différentes qualités de densité d’états de corps et d’esprit. Une chose est certaine, la mise en oeuvre d’un tel projet où deux artistes invitent d’autres personnes à entrer dans leur monde est un incitatif provocateur de moments de jaillissements créatifs.
La bienveillance de ces deux artistes et leur confiance a probablement joué un grand rôle dans cette permissivité où j’ai pu transformé à ma manière, comme les autres artistes invités j’imagine, ce lieu où il était question de blessures, de heurts, de beauté, de laideur mais aussi et de réappropriation de son imaginaire via d’autres sources inhabituelles.